La période de taille des arbres.
Il est essentiel de bien choisir le meilleur moment pour tailler. Il est possible d’élaguer tout au long de l’année, excepté durant les périodes de mouvements de sève, qui se traduisent par le débourrement ou la chute des feuilles chez les arbres.
La fin d’hiver est le plus souvent recommandée
L’élagage effectué juste avant le redémarrage de la croissance en mars est optimal, mais il est évident que les entreprises d’élagage ne peuvent restreindre leurs activités à cette période. De plus, il est crucial d’éviter la période de débourrement où l’arbre doit utiliser toutes ses ressources pour développer sa masse foliaire ou fructifier. Cette saison estpréconisée pour la taille des arbres.
Les avantages d’une taille hivernale
Les conséquences réelles du gel pendant la taille de l’arbre sont souvent méconnues. Cependant, cette saison offre plusieurs avantages pour l’élagage :
- L’arbre est en repos végétatif et ses réserves naturelles sont préservées.
- L’absence de feuillage sur les espèces caduques :
- permet d’identifier facilement les opérations de taille nécessaires ;
- et évite de devoir évacuer de grandes quantités de déchets végétaux.
- L’écorce est moins susceptible de se déchirer par rapport à une taille effectuée en période active.
Les inconvénients d’une taille hivernale
Lorsque les températures sont basses, l’élagage peut s’avérer dangereux. Le manque de sécurité pour le grimpeur-élagueur n’est pas le seul inconvénient :
- La cicatrisation de l’arbre est compromised. En effet, l’arbre ne peut pas réparer les plaies causées par la taille, qui resteront ouvertes jusqu’au printemps suivant. Ces blessures peuvent favoriser l’infestation par des maladies et des champignons.
- Les gourmands (rameaux poussant fortement) ou rejets (repousse après une taille) apparaissent plus fréquemment aux points de coupe ou en amont, car les réserves dans les racines, à la base du tronc, etc., ne sont pas affectées par l’élagage. La réaction de l’arbre est donc plus dynamique et requiert souvent un deuxième passage pour éliminer les gourmands.
Durant la végétation
L’élagage durant la période végétative est communément appelé taille en vert ou élagage de printemps. Elle est effectuée lorsque l’arbre est « en sève » (lorsqu’il est en croissance).
Les avantages de la taille en vert
Contrairement à la « taille en sec » réalisée en hiver, la « taille en vert » peut commencer dès que les premières feuilles sont bien formées et se termine vers la fin août avant que l’arbre ne commence à descendre sa sève. Cela présente plusieurs bénéfices :
- La formation du bourrelet cicatriciel débute plus rapidement et l’arbre met immédiatement en place des barrières chimiques qui compartimentent le bois, le protégeant des agressions extérieures comme les champignons, bactéries et insectes.
- Elle a aussi pour effet de diminuer l’apparition des gourmands sur des spécimens vigoureux (merisiers, érables, etc.).
- Elle fait partie de l’entretien régulier des tailles de formes architecturées (taille en rideau, en marquise, topiaire, etc.). Cette taille ne doit s’exécuter que sur des pousses récentes, durant l’été avant l’aoûtement (durcissement des branches) et parfois une seconde fois après la chute des feuilles. Le maintien de ces formes peut à la rigueur se faire tous les 2 ans.
- L’arbre a ainsi le temps nécessaire pour cicatriser avant l’arrivée des automnes humides et des froids hivernaux.
- Les branches mortes sont bien visibles.
Il est évident que la taille en vert doit être effectuée avec parcimonie afin de ne pas perturber l’arbre en pleine croissance. Elle n’affecte pas l’esthétique de l’arbre dans la mesure où les coupes avec tire-sèves sont à peine visibles. Il s’agit surtout d’alléger la frondaison (les nouvelles pousses) en éclaircissant le houppier (partie aérienne d’un arbre) et, dans le cadre des tailles architecturées, de raccourcir des brindilles.
Les inconvénients de la taille en vert
Bien que la taille en vert soit utile pour perfectionner la mise en forme, elle présente certains inconvénients :
- La présence de feuilles sur les branches augmente considérablement le volume de végétation à évacuer après l’élagage.
- Le timing peut coïncider avec la libération de spores de champignons nuisibles.
Évitez les grandes chaleurs
Les fortes chaleurs constituent une période de stress pour l’arbre et la formation de plaies pourrait accroître le risque de déshydratation. Par ailleurs, l’exposition soudaine du tronc aux rayons du soleil peut engendrer des brûlures sur les écorces délicates (tilleul, marronnier, merisier, érable sycomore, tulipier de Virginie, etc.).
Il est vrai qu’enlever du feuillage est un moyen de réduire la transpiration d’un végétal pour réaliser des boutures, par exemple, mais dans le contexte de l’élagage, il est préférable de laisser l’arbre gérer ses besoins en eau. Un déficit hydrique peut provoquer le jaunissement voire la chute de certaines feuilles, ainsi que l’apparition de bois sec qu’il suffira d’enlever par la suite.
Des jeunes arbres récemment plantés ont parfois le tronc protégé par une bande de jute clair pour éviter les brûlures du soleil. Cette protection est maintenue pendant deux ans après la plantation et se met en place dès la sortie de la pépinière. Il est déconseillé de couper les branches au moment de la plantation et tant que la reprise n’est pas assurée, même si cette pratique est fréquente !
Tableau comparatif pour les différents types d’arbres
Suite à des observations réalisées sur certaines espèces, des périodes sont recommandées selon le type d’élagage. La taille des arbres fruitiers ne coïncide pas avec celle des arbres forestiers, tout comme la taille des feuillus ou des résineux, par exemple. Néanmoins, ces recommandations n’ont qu’une valeur indicative et doivent s’ajuster en fonction de la charge de travail de l’élagueur, ainsi que de la situation géographique, que les hivers soient plus ou moins rigoureux et les étés caniculaires ou modérés.
| Types d’arbres | Espèces | Taille de formation | Taille d’entretien |
| Feuillus | Érable, chêne, charme, peuplier, bouleau, orme, aulne, merisier, châtaignier, saule, hêtre, frêne, tilleul, olivier, etc. | Un peu avant l’hiver :
| Durant la végétation :
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| Résineux | Épicéa, pin, sapin, cèdre, mélèze, tous conifères, etc. | Tout au long de l’année, de préférence lorsque les plaies cicatrisent plus rapidement, en évitant la période de montée de sève :
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| Fruitiers | Fruits à noyaux : cerisiers, pruniers, etc. | Après la fin de la récolte :
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| Fruits à pépins : pommiers, poiriers, etc. | De novembre à avril (selon la région). | ||