En bref
- Le recépage se pratique en fin d’hiver avant le débourrement pour optimiser la reprise
- Les feuillus jeunes et vigoureux comme les charmes et les tilleuls supportent mieux cette technique que les conifères
- Un apport d’engrais organique après l’opération favorise la production de rejets vigoureux
- La sélection des rejets s’effectue l’été suivant pour former une cépée ou un nouveau tronc
Quand procéder au recépage des arbres et des arbustes ?
La période optimale pour le recépage se situe en fin d’hiver, avant la reprise de la végétation. Cette timing permet aux végétaux de mobiliser toute leur énergie pour produire de nouvelles pousses vigoureuses dès le printemps. Pour les arbres à forte circulation de sève comme les bouleaux ou les noyers, il convient de privilégier la fin d’été, en évitant les périodes de fortes chaleurs.
Il est conseillé d’attendre 2 à 3 années après la plantation avant de procéder à un recépage. Cette période permet au système racinaire de s’installer correctement et de fournir la sève nécessaire à la production de rejets vigoureux. La capacité de rejeter diminue avec l’âge, c’est pourquoi les arbres âgés supportent moins bien cette opération de taille.
Les arbustes peuvent être recépés tous les 4 à 5 ans si nécessaire, tandis que le recépage des arbres reste une intervention exceptionnelle, souvent unique dans leur vie. La taille d’entretien régulière constitue généralement une alternative moins traumatisante.
Objectifs et bénéfices du recépage
Le recépage d’un arbre ou d’un arbuste répond à plusieurs objectifs précis. Cette technique permet de sauver un végétal blessé par la foudre, le gel ou une tempête en lui donnant une seconde chance de développement. Elle constitue également un moyen de corriger une mauvaise conformation du tronc ou des ramifications principales.
Pour les arbustes à fleurs, le recépage favorise la production de nouvelles pousses plus florifères. Les cornouillers à bois décoratif, les saules colorés et les arbustes comme le buddléia bénéficient particulièrement de cette technique qui stimule la croissance de rameaux aux couleurs vives.
La création d’une cépée représente un autre objectif du recépage. Cette forme particulière, constituée de plusieurs troncs issus d’une même souche, convient parfaitement aux charmes, tilleuls et érables. Elle permet d’obtenir un port plus large que haut, particulièrement esthétique dans les jardins d’ornement.
Le contrôle de l’encombrement constitue également un motif fréquent de recépage. Une plantation d’arbre mal dimensionnée peut nécessiter cette intervention pour maintenir les végétaux dans un espace restreint.
Espèces adaptées au recépage
Les feuillus jeunes et vigoureux constituent les meilleurs candidats pour le recépage. Les saules, peupliers, aulnes et châtaigniers figurent parmi les champions de la régénération. Les charmes et les tilleuls supportent également très bien cette technique, ainsi que les ormes, érables et mûriers.
Certaines espèces montrent une capacité de rejeter exceptionnelle : le robinier faux acacia, le sophora du Japon, le platane et l’ailante. Le févier d’Amérique, le copalme, le catalpa, le paulownia et l’eucalyptus répondent également favorablement au recépage.
Les conifères produisent généralement peu ou pas de rejets, à l’exception notable de l’if, du séquoia sempervirens, du métaséquoia, du cyprès chauve et de l’araucaria. Ces espèces particulières conservent une capacité de régénération rare chez les résineux.
Parmi les arbustes, la majorité tolère le recépage, notamment le forsythia, le buddléia, les cornouillers à bois décoratifs et les viornes. Les camélias et rhododendrons supportent cette technique mais ne fleurissent pas l’année du recépage. Certaines espèces nécessitent une taille spécifique selon leur période de floraison.
Espèces à éviter pour le recépage
Plusieurs espèces ne supportent pas le recépage et risquent de dépérir suite à cette intervention. Le buis, les cistes, les daphnés et les genêts figurent parmi les arbustes les plus sensibles. Le grenadier, l’hamamélis, le houx et le piéris réagissent également mal à cette technique de taille.
Les fruitiers à noyaux comme les cerisiers, pruniers, pêchers et amandiers ne tolèrent pas le recépage. Ces arbres du genre Prunus développent des maladies cryptogamiques suite aux grosses plaies de taille. Il convient de privilégier une taille douce et progressive pour ces espèces.
Le romarin, les andromèdes du Japon et la plupart des éricacées montrent une faible capacité de régénération après recépage. Le hêtre rejette peu en plaine, bien qu’il puisse mieux réagir en altitude lorsqu’il est jeune.
Technique de recépage : matériel et méthode
La réalisation d’un recépage nécessite des outils parfaitement affûtés et désinfectés. Pour les arbustes, un sécateur ou un coupe-branche suffisent. Pour les arbres, une scie d’élagage ou une tronçonneuse s’imposent selon le diamètre du tronc.
La coupe doit être nette, sans déchirure, réalisée en biseau pour éviter la stagnation de l’eau sur la plaie. Pour les arbustes, il convient de couper à 10-15 cm du sol, au-dessus du point de greffe s’il s’agit de végétaux greffés. Pour les arbres, la coupe s’effectue à 30-40 cm du sol, en veillant à ne pas descendre trop près du collet.
L’application d’un mastic de cicatrisation sur les grosses plaies peut limiter les risques d’infection, bien que cette pratique fasse débat. La souche doit impérativement rester en pleine lumière pour favoriser l’apparition des rejets de souche.
Après l’opération de recépage, un apport d’engrais organique ou de compost au pied de la souche soutient la plante dans son effort de régénération. Une taille d’entretien régulière des rejets sera nécessaire les années suivantes.
Gestion des rejets après recépage
Au printemps suivant le recépage, de nombreux rejets vigoureux apparaissent sur la souche et parfois des drageons sur les racines traçantes. Ces nouvelles pousses présentent les caractéristiques de croissance des végétaux jeunes, avec une vigueur particulière les deux premières années.
Les rejets issus de bourgeons proventifs, situés à la base de la souche, s’ancrent mieux que ceux provenant de bourgeons adventifs formés sur le bourrelet de cicatrisation. Il est conseillé de privilégier ces rejets de base lors de la sélection.
La taille de sélection s’effectue en été, vers fin juin ou début juillet, ou durant l’hiver suivant. Pour former une cépée, il convient de conserver un nombre impair de rejets vigoureux et bien espacés : 3, 5 ou plus selon la taille de la souche. Cette disposition évite la formation d’écorces incluses entre les troncs.
Pour obtenir un tronc unique, la sélection porte sur le rejet le plus vigoureux, idéalement situé du côté du vent dominant. Un tuteurage s’impose pour guider la croissance du nouveau tronc. Le déplacement ultérieur de l’arbre reconstitué reste possible mais délicat.
Précautions et conseils de sécurité
Le recépage constitue une intervention traumatisante qui nécessite certaines précautions. Il est conseillé de ne recéper que des arbres et arbustes en parfaite santé, capables de mobiliser l’énergie nécessaire à la production de rejets vigoureux.
La désinfection des outils entre chaque intervention limite la propagation de maladies. L’alcool à 70° ou l’eau de Javel diluée constituent des désinfectants efficaces. Il convient également de nettoyer les outils après usage pour éviter la corrosion.
Pour les gros arbres, le recépage nécessite l’intervention d’un professionnel équipé. Les risques de chute de branches ou de mauvaise cicatrisation justifient cette précaution. La proximité de lignes électriques ou de bâtiments impose des contraintes supplémentaires.
Il est conseillé de vérifier la réglementation locale avant de procéder au recépage d’arbres de grande taille. Certaines communes imposent des autorisations préalables ou des périodes d’interdiction pour protéger la nidification des oiseaux. Le cernage préalable peut faciliter la reprise de certaines espèces difficiles.
Soins post-recépage et suivi
Les soins apportés après le recépage conditionnent la réussite de l’opération. Un arrosage régulier durant la première année soutient la plante dans son effort de régénération, particulièrement en période sèche. L’apport d’un engrais organique au printemps stimule la production de nouvelles pousses.
La surveillance des rejets vigoureux s’impose durant les premières années. Il convient d’éliminer régulièrement les rejets mal placés ou trop faibles pour concentrer la sève sur les tiges sélectionnées. Cette taille de formation progressive évite les déséquilibres.
Le paillage autour de la souche limite la concurrence des adventices et maintient la fraîcheur du sol. Les copeaux de bois ou la paille constituent des matériaux adaptés. Il est conseillé de renouveler ce paillage chaque année.
La protection contre les rongeurs peut s’avérer nécessaire, particulièrement pour les jeunes rejets tendres. Des spirales de protection ou un grillage fin découragent les lapins et les chevreuils. Cette protection se retire une fois les rejets suffisamment développés.
FAQ
Peut-on recéper un arbre fruitier ?
Le recépage des arbres fruitiers dépend de l’espèce. Les fruitiers à noyaux (cerisier, prunier, pêcher) ne supportent pas cette technique. Les fruitiers à pépins (pommier, poirier) tolèrent mieux le recépage mais perdent leur forme fruitière. Il est préférable de pratiquer une taille de rajeunissement progressive.
Combien de temps faut-il attendre avant de voir les premiers rejets ?
Les premiers rejets apparaissent généralement au printemps suivant le recépage, soit 2 à 4 mois après l’intervention selon la période de taille. Les espèces vigoureuses comme les saules montrent des rejets dès les premières semaines de végétation. La croissance peut atteindre 1 à 2 mètres la première année.
Le recépage affaiblit-il définitivement l’arbre ?
Un recépage bien réalisé sur une espèce adaptée ne fragilise pas durablement l’arbre. Au contraire, il stimule la vigueur et prolonge la durée de vie du végétal. Seules les espèces inadaptées ou les arbres déjà affaiblis risquent de dépérir suite à cette intervention.
Faut-il protéger la plaie de coupe après recépage ?
L’application d’un mastic de cicatrisation reste optionnelle pour les plaies de recépage. Les végétaux cicatrisent naturellement et certains mastics peuvent entraver ce processus. Une coupe nette et propre constitue la meilleure protection. En cas de doute, privilégier un mastic biologique respirant.